L’an dernier, après que GitHub la plateforme collaborative de gestion des développements logiciels ait publié son rapport sur le nombre de contributeurs intervenant dans les projets open source des organisations, l’on a constaté que Microsoft était en tête du classement avec plus de 16 000 contributeurs open source pour ses projets.

Pour certains, cela constitue une surprise quand on sait que la firme de Redmond a longtemps fermé ses logiciels aux contributions extérieures. Mais ça, c’était avant. Depuis quelques années, l’entreprise n’a de cesse d’accroître le nombre de projets sous licence open source. L’on peut citer entre autres projets qui sont passés sous licence open source, Visual Studio code, l’éditeur de code multiplateforme, le système d’apprentissage profond Microsoft Cognitive Toolkit utilisé dans des domaines comme la reconnaissance d’images, de la voix et bien d’autres domaines, le langage de programmation P destiné à écrire des programmes pour les systèmes asynchrones, le langage de programmation fonctionnelle F#, pour ne citer que ceux-là.

Bien que la liste des projets open source de Microsoft soit assez longue, l’entreprise ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et vient de publier depuis quelques jours le code source d’une partie des composants du SDK d’Azure Service Fabric, la plateforme middleware permettant de créer, gérer, déployer plus facilement des microservices évolutifs et fiables dans le cloud.

Les personnes qui le souhaitent peuvent désormais apporter leurs contributions au développement du SDK de Service Fabric. Ces contributions, une fois soumises à Microsoft seront testées en interne par les développeurs Microsoft et si elles font l’objet de validation, seront intégrées aux nouvelles versions du SDK puis publiées sur GitHub.

Comme Microsoft le précise il n’y a que certains packages qui sont ouverts au public. Ce sont notamment les Reliable Services (un framework léger qui permet d’écrire des services avec et sans état et s’intègre aisément à la plateforme Service Fabric afin de bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités de la plateforme), les Reliable Actors (une API capable de générer des objets avec et sans état à travers le modèle de programmation Actor Virtuel), le Service Remoting (qui permet de configurer rapidement un appel de procédure distante pour les services qui ne sont pas liés à une pile ou un protocole de communication particulier) et enfin l’intégration d’ASP.Net Core. Pour ce qui concerne l’environnement d’exécution de Service Fabric, il est encore fermé aux contributions extérieures.

En voyant le contrôle qu’a Microsoft sur le développement de ces composants en dépit de leur mise sous licence open source, certains pourraient rechigner en avançant que Microsoft souhaite pour ce projet faire de l’open source limité. Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant la mise à la disposition du public de Service Fabric en 2015 afin de permettre aux développeurs et administrateurs d’en tirer profit dans le développement et la gestion des applications cloud, la firme de Redmond a mis environ la moitié d’une décennie à le développer et à l’utiliser en interne ce qui fait que cette plateforme est fortement ancrée dans les services de l’entreprise.

La firme ferait donc preuve de prudence en continuant pour l’instant son propre développement du SDK en interne. Par ailleurs, d’autres avancent également le fait que rendre le SDK de Service Fabric entièrement open source impliquerait pour la firme de rendre les autres outils et systèmes utilisés en interne avec ce dernier aussi open source ou à défaut de les changer.

En tout état de cause, la firme de Redmond est consciente de ces limites et promet d’apporter plus de transparence dans le processus de développement de ces outils nouvellement mis sous licence MIT et de sortir également en temps opportun le runtime Service Fabric sous licence open source.

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