Jeff Bezos est désormais le deuxième homme le plus riche de la planète. Selon le dernier classement de Bloomberg, publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le fondateur et directeur d’Amazon serait désormais à la tête d’une fortune de 75,6 milliards de dollars (autant en francs). Il échange ainsi sa place avec le financier Warren Buffett (74,9 milliards). Suivent Amancio Ortega Gaona, créateur de la marque de vêtements Zara, et le fondateur et directeur de Facebook Mark Zuckerberg (61,4 milliards). Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, demeure numéro un avec 86 milliards.

Si Jeff Bezos a ainsi progressé, c’est avant tout grâce à la performance boursière de son groupe, dont il détient environ 17% du capital. La journée de mercredi lui a fait gagner 1,5 milliard de dollars, via la progression de 2,14% du titre du numéro un mondial du e-commerce. Cette hausse du cours était principalement due à l’appréciation positive du marché du rachat par Amazon du spécialiste de la vente en ligne Souq.com, dont le siège est à Dubaï, pour un prix non communiqué, mais estimé à près d’un milliard de dollars. L’action a aussi bénéficié d’une note de Barclays, publiée mercredi, dans laquelle un analyste estimait qu’Amazon pourrait devenir la première société au monde à valoir plus de mille milliards de dollars.

Hausse de 50% en un an

Pour l’heure, Amazon n’est pas encore à mi-parcours, avec ce jeudi une capitalisation boursière de 422 milliards de dollars avec une action valant 875 dollars. Mais elle progresse. Ainsi, le titre a gagné 16,6% depuis le début de l’année. Et 50% depuis une année. Selon les analystes de Barclays, «La question n’est pas de savoir si, mais quand Amazon sera la première société à revendiquer une valorisation d’un billiard de dollars» – ils ne donnent d’ailleurs pas de date. «Amazon est la société à meilleur potentiel, avec des opportunités de croissance sans limite et une organisation hautement efficace». A titre de comparaison, la capitalisation boursière la plus importante sur le plan mondial est détenue par Apple avec 775 milliards de dollars.

Dans le domaine de la distribution, ses investissements dans les infrastructures vont payer, selon Barclays. La multinationale pourrait «accroître sa flotte d’avions-cargos à plus d’une centaine, voire plus de 500 unités dans le futur». Amazon a réalisé un bénéfice brut de 35 milliards de dollars en 2016, contre 9 milliards il y a cinq ans. Selon la banque, le montant dépassera les 80 milliards d’ici à 2021. La société de Jeff Bezos, qui mise sur ses centres de données informatiques, va davantage en retirer des bénéfices. Selon Barclays, la division Amazon Web Services n’a pénétré «que 1 à 2% du marché potentiel mondial et pourra générer 100 milliards de chiffre d’affaires à terme».

Bordier aussi optimiste

Peu après la publication des résultats 2016 du groupe américain, début février, Bordier se montrait aussi optimiste, parlant d’Amazon comme d’un «groupe unique. La société devrait continuer de bénéficier de la tendance à long terme de croissance du commerce en ligne. Avec des opportunités de croissance des revenus dans de nouveaux segments et de nouveaux pays, la part de marché du groupe progresse.» Bordier mettait aussi en avant le développement de l’activité «marketplace» (ventes de tiers) et les services «cloud».

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