Représentant le président de la République, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a présenté les actions mises en œuvre pour promouvoir le développement des TIC au Gabon et mutualiser l’intégration régionale du numérique en Afrique.

Environ 4 000 délégués venant de dix-huit pays africains membres de l’Alliance Smart Africa ont rejoint Kigali, la capitale rwandaise, où a débuté mercredi 10 mai 2017 la conférence numérique « Transform Africa ». La thématique retenue est « Villes intelligentes. Développement accéléré ». Avec comme objectif principal : améliorer la quote-part du numérique dans le développement économique de l’Afrique.

Membre de l’Alliance Smart Africa, le Gabon participe naturellement à cette rencontre où le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, conduit une délégation constituée de certains membres du gouvernement, des maires de certaines communes du pays ainsi que des experts des organismes et entreprises spécialisés dans le domaine des TIC.

A cette occasion, le Premier ministre, représentant le président Ali Bongo Ondimba, a rappelé que le Gabon s’est inscrit dans cette ambition commune qui est de faire de l’Afrique un marché numérique unique. « L’engagement du Gabon dans l’Alliance Smart Africa et la mise en œuvre du plan sectoriel Gabon Numérique en sont la réponse éloquente », a souligné Emmanuel Issoze Ngondet.

Développement du numérique

A cet effet, le pays s’est attelé à développer des infrastructures nationales et internationales comme le SAT 3, ACE et le Backbone qui, à termes, devraient lui permettre de s’interconnecter à d’autres Etats africains, tout en améliorant la qualité de l’accès aux TIC pour ses populations. Ce déploiement a d’ailleurs déjà des impacts positifs sur les populations, avec notamment une baisse considérable des coûts de licences et des tarifs grand public.

Autre chantier sur lequel le gouvernement gabonais travaille : la mise sur pied d’une politique de formation et de renforcement des capacités du capital humain à travers des partenariats stratégiques. Parmi ceux-ci, on peut présenter le programme « Train my generation : Gabon 5 000 ». Mis en œuvre avec le concours de l’UNESCO et Airtel Gabon, il vise à offrir à des milliers de jeunes, via les TIC, une formation scientifique et entrepreneuriale tout en proposant de nouvelles compétences aux enseignants du secondaire.

D’autres actions sont faites, tant sur le plan législatif que réglementaire afin que le Gabon s’arrime aux directives des instances de la sous-région Afrique centrale. Mais aussi sur le plan de la promotion des TIC à travers, par exemple, l’Agence nationale des infrastructures numérique et des fréquences (ANINF), chargée de la construction des infrastructures tandis que la Société du patrimoine des infrastructures numériques est chargée de leur exploitation.

Nécessaire mutualisation

Pour le Premier ministre, « le Gabon croit résolument en la capacité des acteurs du domaine à opérer cette nécessaire mutualisation en vue de libérer le potentiel innovant de l’Afrique ». Il rejoignait en cela l’avis des experts et des décideurs, dont Paul Kagame, président rwandais, qui ont souligné la nécessité accroître le potentiel que regorge le continent africain en ce domaine.

Le Rwanda est présenté aujourd’hui comme l’exemple type du développement économique par le déploiement inclusif des TIC, qui ont totalement transformé sa capitale. Kigali est une ville entièrement connectée à Internet, a soutenu le ministre de la Jeunesse et des nouvelles technologies dans une interview parue dans Le Monde Afrique, la veille de la rencontre « Transform Africa ».

Toute personne de passage ou vivant à Kigali peut profiter de l’internet haut-débit via le wifi, qu’elle soit dans les rues, les restaurants, les hôtels, les transports ou encore dans les espaces publics. Les services de l’administration publique sont quasiment tous digitalisés.

Les usagers peuvent, par exemple, payer en ligne leurs impôts locaux, obtenir un permis de construire, un titre de propriété ou un extrait de naissance en ligne. Les rues sont géo localisées à 100% et l’on envisage la disparition ou la forte diminution de l’utilisation de l’argent liquide dans le pays.

Digitalisation continentale

C’est à cette digitalisation au niveau continental que veut parvenir le président rwandais, initiateur de l’Alliance Smart Africa, appuyé par Ali Bongo Ondimba et d’autres décideurs africains. A l’issue des concertations de cette semaine, qui s’achèvent vendredi 12 mai, un schéma directeur baptisé Smart Cities bluprint va être défini.

Il s’agit d’une feuille de route pour tous les maires et décideurs africains qui veulent transformer leurs villes. Raison d’ailleurs pour laquelle il sera lancé un réseau des villes intelligentes africaines. Une façon ou une autre de marquer cette ambition d’intégration numérique souhaitée.

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