Elles disposent des ressources et de l’expertise nécessaire, et même si elles ne s’en rendent pas compte, les entreprises ont besoin de l’IPv6. Or il apparaît que souvent elles n’ont pas encore effectué le déploiement de la nouvelle norme. C’est ce que constate l’Internet Society dans son dernier rapport sur le déploiement de l’IPv6. Depuis cinq ans, l’organisation mène une campagne mondiale pour pousser au déploiement du nouveau protocole d’adressage dont la définition a été achevée il y a 20 ans !

« Aujourd’hui, le trafic d’environ 13% des 1 million de sites Web les plus importants utilisent l’IPv6 », indique le rapport. Ces résultats sont basés sur une étude de Hurricane Electric qui a analysé des données fournies par Amazon.com. Ce chiffre passe à environ 22 % pour les 1000 sites Web les plus importants. Mais, ce n’est pas le cas de l’entreprise, où la base installée freine fortement le déploiement de l’IPv6. « Les entreprises utilisent l’IPv4 depuis 20, 30, ou 40 ans. Elles ont quelque chose qui fonctionne. Et, dans leur état d’esprit, elles estiment qu’il n’est pas nécessaire de changer une solution qui marche », indique encore le rapport. « Selon elles, cela ne résout aucun de leurs problèmes. Il n’y a donc pas de raison d’y consacrer des ressources et des investissements ».

La migration vers IPv6 rarement exécutée en une seule fois

Les entreprises qui ont plus d’hôtes que d’adresses IPv4 doivent néanmoins recourir à certaines astuces comme le NAT (traduction d’adresse réseau) pour partager leurs adresses. Mais pour les fournisseurs de services Internet (FAI), ce n’est pas sans conséquence : certaines contraintes juridiques peuvent obliger les FAI à fournir aux autorités judiciaires l’identité d’un abonné en fonction de l’adresse IP. Le recours à l’IPv6 leur permettrait de se passer d’une couche utilisée pour garder la trace des logins.

Il est rare que les entreprises qui décident de migrer vers l’IPv6 réalisent cette opération en une seule fois. « Elles commencent d’abord par leurs interfaces clientèles, leur messagerie électronique, le web, ce genre de chose », a expliqué Fred Baker, auteur du rapport et consultant pour l’Internet Society. « L’ajout d’une adresse IPv6 au service IPv4 existant passe souvent par un fournisseur d’hébergement comme Akamai », a-t-il ajouté. L’entreprise n’a pas besoin de passer à l’étape supplémentaire et d’activer l’IPv6 en interne, tant qu’elle n’a pas besoin de réaliser un autre déploiement d’application ou de réseau en interne.

Le maintien d’IPv4 plus justifié d’ici 2024 selon Swisscom

Ce qui pousse généralement les entreprises à passer à cette dernière étape et à désactiver l’IPv4 à l’interne, c’est au moment où elles se rendent compte qu’elles font tourner deux réseaux. « Les analystes de l’opérateur de réseau Swisscom pensent que leur base clients sera majoritairement compatible IPv6 d’ici 2019 », a encore déclaré Fred Baker. « Et ils pensent que d’ici 2024, la densité de l’IPv4 sera tellement réduite que son maintien ne se justifiera plus commercialement ».

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